Copenhague en théâtre
« Kapital Circus »
Une pièce de théâtre de rue réalisée par l’Altervillage.
Un scénario de sketch de théâtre de rue a été élaboré pendant l’Altervillage 2009 dans l’optique des mobilisations autour du sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique : « Kapital Circus ».
Sommaire
- Personnages
- Décors
- Prologue
- Acte I — le capitalisme noir
- Acte II — le capitalisme vert
- Éléments de dialogues
- Éventuellement
Personnages
- le capitaliste : costume noir avec haut de forme, (cigare, monocle…) avec vêtements verts en dessous ;
- le scientifique : blouse blanche estampillée « climatologue » :
- les consommateurs : pas de costume particulier.
Décors.
- la terre = grande bâche circulaire peinte avec des océans et des continents ;
- le thermomètre qui mesure l’augmentation de température de l’atmosphère = thermomètre en carton avec graduation en degrés et code couleur (plus c’est rouge, plus c’est chaud…) et un curseur en carton mobile pour indiquer l’augmentation de température ;
- une barrière de douane ou un plot de chantier pour la douane carbone du scientifique ;
- une poubelle marquée « déchets » ;
- de la monnaie de singe ;
- un caddy habillé de carton figurant les usines : 2 cartons similaires superposés, un vert en-dessous et un noir au dessus ;
- des caddies de supermarché (un par consommateur) et/ou des sacs, cabbats… ;
- des biens de consommation (une voiture, un frigo, une télé) = découpes en carton noires et vertes (9 x nombre de caddies = 27 pour nous : 9 noirs, 18 verts) ;
- des sacs de « CO2 » = des sacs de congélation remplis de cendre, marqués « CO2 » en gros en noir (9) et en petit en vert (27)
- un vélo, un livre et une pomme vertes par consommateurs
Prologue
- la terre est posée par terre par le scientifique, qui installe aussi le thermomètre et la douane carbone ;
- le capitaliste arrive et installe son usine et la poubelle sur la terre.
Acte I — le capitalisme noir
- le capitaliste fait le boniment pour attirer les consommateurs qui arrivent avec leur caddies et commence à leur vendre un bien de consommation noir avec un sac carbone attaché. Les consommateurs : « c’est quoi ce truc attaché ? » Le capitaliste : « c’est rien, c’est rien… » ;
- les consommateurs exultent et commencent à tourner autour de la terre en poussant leurs caddies ;
- ils sont arrêtés par le scientifique qui arrache les sacs CO2 et les jette sur la terre en disant « le C02, c’est pour la planète ! », la température commence à monter… ;
- les consommateurs achètent un nouvel objet noir à chaque tour pendant 3 tours mais avancent de moins en moins, vite ;
- le capitaliste les encourage et leur promet des prêts ;
- le scientifique comptabilise les sacs carbone et fait monter la température ;
- au 4e tour les caddies s’arrêtent dans un carambolage ;
- le capitaliste essaye de redémarrer le système : pas moyen ! C’est la crise ! ;
- il réfléchit et trouve la solution : « Il faut rendre ce capitalisme plus sexy… il faut lui donner une touche … de vert ! ». Il arrache ses vêtements noirs et apparaît habillé en vert…
Acte II — le capitalisme vert
- le capitaliste transforme l’usine en usine verte en arrachant le carton noir ;
- les caddies repartent et le capitaliste remplace un objet noir par 2 objets verts à chaque tour (« il faut relancer la croissance tout en faisant du bien à la planète : pour un objet vert acheté, la moitié du deuxième est gratuit ! ») et jette les objets noirs dans la poubelle ;
- les sacs carbones sont maintenant verts : le capitaliste : « Avec Kyoto et Copenhague, même le CO2 devient vert ! » ;
- au premier passage devant le scientifique, celui-ci dit : « votre objet vert émet deux fois moins de CO2 mais vous en avez 2 fois plus ! » ;
- la ronde ralentit, le dernier caddy essaye d’éviter les autres et fait un tête à queue hors du cercle et s’arrête ;
- le consommateur accidenté regarde autour de lui et découvre un vélo avec une pomme et un livre vert. Il commence à tourner à contre-sens, d’abord maladroitement, puis de plus en plus vite ;
- les autres consommateurs s’arrêtent finalement en percutant le capitaliste qui tombe dans le caddy/usine. Ils regardent le cycliste et finissent par le rejoindre ;
- les cyclistes tournent autour de la terre, le scientifique enlève des sacs CO2 à chaque tour et les met dans la poubelle, la température redescend ;
- les cyclistes s’arrêtent et vident la poubelle sur le capitaliste ;
CHANSON ET RONDE FINALE ou autre.
Éléments de dialogues
Boniments du capitaliste : objets noirs
- voiture : « magnifique voiture qui rendra jaloux tous vos voisins ! coffre énorme pour ranger vos courses ! » ;
- télé : « superbe télé qui sera votre fenêtre sur le monde, que de vrais infos sélectionnées par nos spécialistes ! » ;
- frigo : « magnifique frigo américain de 3000 litres ! De quoi stocker toutes vos courses et stocker encore plus ! On ne sait jamais ! ».
Boniments du capitaliste : objets verts
- voiture : « magnifique 4×4 écologique : fonctionne à l’électricité, aux biocarburants et à l’hydrogène ! » ;
- télé : « superbe télé écran plat LCD 32×18 avec 12 millions de chaines ! Plus besoin de sortir de chez vous ! » ;
- frigo : « magnifique frigo basse consommation qui commande lui-même sur Internet vos bons petits plats préparés à base d’OGM ! »
Éventuellement
Un clown qui navigue au milieu des protagonistes et réagit de façon épidermique aux retournements de situation : au début, émerveillé par les nouveaux objets, puis franchement opposé au capitaliste qui pollue, fasciné par le nouveau capitalisme vert, puis de nouveau conscient que ce capitalisme pollue aussi.


